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Mardi 30 décembre 2008 2 30 /12 /Déc /2008 23:46
séduire flatter piéger ignorer recevoir donner espérer dépendre décevoir effrayer s'écrouler se détourner
Et décrire de gracieuses boucles serpentines autour d'eux et autour de moi... Stopper net, être prise au mouvement hypnotique de la balançoire. De grands mouvements de jambes qui ne servent qu'à décrire de presque parfaits demi-cercles. Du surplace, toujours. Jusqu'à se lasser, se détacher, ou être éjectée d'un coup sec. Et passer à un autre, toujours les mêmes absurdités, les mêmes impossibilités confortables, les mêmes trouilles de faire le cercle complet pour une fois rien qu'une fois.
Par Byrrjen
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Mercredi 17 décembre 2008 3 17 /12 /Déc /2008 23:43
Il est 2h17, la ville est falsifiée. Les lumières qui l'éclairent la font ressembler à un décor de cinéma, sans les figurants. Silence imparfait. J'avance sur un trottoir vide, je traverse sans regarder. Je pourrais me coucher sur la route. Je passe sous un lampadaire, et son rayon jaune me rend à mon tour irréelle. Des figurants surgissent, sans bruit. D'abord un jeune homme qui croise ma route l'air absent, et puis un autre qui rentre chez lui. Un troisième enfin, qui suit la même rue que moi. Une voiture attend au feu rouge. Nous marchons ensemble, pas côte à côte mais décalés, il avance plus vite sur ses longues jambes. Je me laisse distancer, nous longeons un mur aveugle, puis il disparaît. Je m'approche, je vois un portail, un renfoncement dans la façade, je poursuis, tournant la tête et il est là, contre le portail fermé. Il attend quelque chose. Que je sois passée, pour me suivre, que je m'éloigne pour rester seul dans cette nuit masculine. Qu'on lui tende un paquet, qu'on lui donne la clé de la salle des machines du monde de la nuit.
Par Byrrjen
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /Août /2008 16:27
Assis sur une boule minuscule à sa taille, il observe, genoux repliés contre lui en position instable le monde autour. Son orbite est telle que tout tourne autour de lui et qu'il fait son chemin lentement, semblant regarder tout le monde s'éloigner.
Par Byrrjen
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 23:36

Filet de bave auquel reste accrochée une miette emprisonnée. Ainsi sa carcasse déchéante, grimaçante en un rictus fiévreux, garde l'esquisse invalide du dernier solide qu'il a cru ingérer, sans pouvoir le garder. Son crâne est bosselé et la trépanation est comme la marque ancienne du troisième œil, celui qui voyait ce qui ne sera bientôt plus entre ses lèvres, la vie invisible.

La crudité est  dite; dans la cuisine des entractes amoureux incertains.

Par Byrrjen
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Mardi 17 juin 2008 2 17 /06 /Juin /2008 00:18
Dans nos vies désemparées, où chacun doit valoir quelque chose et devient finalement insignifiant du trop plein de sens accordé à son existence, le cancer est une de ces formes pathétiques de batailles qui s’engagent et où l’individu a la sensation d’exister plus intensément, un peu comme un shoot de drame ou une célébration exagérée de la vie.
Chacun son cancer, et on peut même varier, il y en a plusieurs formes ! les agressifs qui tuent en quelques semaines, les sournois qui font semblant de guérir, les longs et douloureux, ceux qui ne lâchent leur victime qu’une fois celle ci vidée de toute étincelle.
Face à ces héroïsmes de pacotille, il y a ceux qui sont désabusés, et qui en créent un cancer, monstre né de leur cynisme trop aigre.
Par Byrrjen
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Lundi 9 juin 2008 1 09 /06 /Juin /2008 22:22
Néant intersidéral des moments de création. D'un coup d'un seul tout semble avoir déjà été dit.  Les mots de mon esprit ne veulent plus rien dire et il faut pourtant avancer. Encore. L'impression que si tout s'arrête, même momentanément, tout devra recommencer depuis zéro, depuis ce néant qui me guette.
Tout semble simple à l'extérieur, dans un ostracisme infini. L'idée est là qui me guette, autant que je la guette. Mais nous ne pouvons nous rencontrer, comme les fantasmes que j'affabule et la réalité qui se pare de ses plus belles toilettes du morne et terne.

Par Byrrjen
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 16:14
J'observe le pain coupé nettement, proprement. Posé à côté du sachet en papier kraft. Sur la table. Je m'accoude sur le picotement des miettes . Impression de vide, à la fois nette et floue. Tressaillement de ma jambe gauche qui m'empêche d'écrire. Ou bien est-ce le grésillement du poste de radio. J'éteins, je me rassieds. J'ai encore le goût de la cigarette que je viens de finir. J'entends les rumeurs de la ville, côté cour. Me reviennent les souvenirs mous des jours passés. Certains me heurtent, d'autres sont plus doux. Le mélange me donne la nausée. Le futur qui bouscule mon présent me fait peur. Impression d'impuissance. Je me noie, accueillie dans un liquide maternel et glacé. Je ne sais pas comment je vais émerger. Avec le temps sans doute. Les soucis matériels et les imbroglios sentimentaux se mêlent. Je vomis des larmes, je pleure du vomi acide. J'ai mal au ventre. J'ai besoin de parler, qu'on me rassure. Je ne veux pas choisir. Je ne supporte pas que les choses s'imposent à moi. J'ai mal de tout cela. J'ai la gorge nouée dans le goût du tabac.
Par Byrrjen
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 00:42
Quelle heure est-il en Australie ?
Quelle heure est-il à Miami ?
Et au Pérou ?
Ils sont où ces mérous
Ils sont où tous ces roux
Par la fenêtre sonne l'hallali
Je me change en petite Lili
Faites entrer la cavalerie
Détruisez ces mères, vous.
Par Byrrjen - Publié dans : Quatrains et petites strophes
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 19:09

A tous ces pères qui m’ont manqué

Qui m’ont trouvée attendue retrouvée

A tous ces hommes qui ont vu la femme enfant

Ces hommes adolescents que j’ai grandis

Ces moins que machos qui m’ont servi

 

Ils peuplent mes rêveries

M’épaulent et puis

Je les quitte ne sachant si

Ils m’ont détruite ou si

C’est moi.

S'ils attendront encore que je sois cela.

Par Byrrjen - Publié dans : Quatrains et petites strophes
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Lundi 5 mai 2008 1 05 /05 /Mai /2008 01:16

Je suis une verte contrebande, je suis une danse, une sarabande

Un lien étroit avec les cieux grâce à ses yeux de velours classieux

Je m’enchante puis déchante, telle est la vie du modeste chantre des infamies que je suis

Les spasmes glacés de sa conscience éveillent de doux effrois en mon esprit

Lentement je tourne la tête, espérant entrevoir qu’il me guette.

C’est peine perdue et je renonce à recevoir, même ses semonces

Trompette du vide, corps du néant, pourquoi ne puis-je vous remplir d’eau bénite ?

Il y a du beau dans ce mystère mais cette beauté est temporaire

Car à force de m’y cogner

Cela fatalement va me ronger

Jusqu’à ce que je disparaisse

Dans le grenier sous l’étole d’Araignée

Sous un tas de fumier ou classiquement dans la fumée.

Par Byrrjen
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